Qu’est-ce qu’un belt compressor ?
Un belt compressor entasse plusieurs belts partiellement remplis sur le moins de belts pleins possible, avec au plus un dernier belt pour le reliquat. C’est le montage classique en bout de site minier : cinq belts arrivent à 300 objets/min chacun, et on préfère expédier trois belts Mk4 pleins plutôt que cinq à moitié vides.
Ce n’est pas un balancer, et ça ne se résout pas comme tel. Là où un balancer divise un flux en parts égales, un belt compressor empile des flux sur une même ligne jusqu’à ce que le belt soit physiquement plein, puis dérive le reste. L’agencement n’a rien à voir — et il coûte bien moins cher.
Combien de belts pleins vais-je obtenir ?
Le total divisé par le débit du belt, arrondi vers le bas. Ce compte ne se cherche pas, il découle de la conservation : cinq entrées de 300 objets/min font 1500 objets/min, soit sur du Mk.4 à 480 objets/min 3 belts pleins, plus un quatrième qui emporte les 60 objets/min restants.
| Entrées | Convoyeur | Total | Belts pleins | Dernier belt |
|---|
| 5 × 300 objets/min | Mk4, 480 objets/min | 1500 objets/min | 3 | 60 objets/min |
| 100 + 200 + 300 + 400 objets/min | Mk4, 480 objets/min | 1000 objets/min | 2 | 40 objets/min |
| 300 + 250 + 230 objets/min | Mk4, 480 objets/min | 780 objets/min | 1 | 300 objets/min |
| 7 × 480 objets/min | Mk4, 480 objets/min | 3360 objets/min | 7 | aucun |
| 3 × 300 objets/min | Mk6, 1200 objets/min | 900 objets/min | 0 | 900 objets/min |
Ce compte relève donc de l’arithmétique. Tout le travail est ailleurs, dans la topologie, et c’est là que le problème cesse de ressembler à un balancer.
Pourquoi une cascade et non un arbre exact ?
Découper un total en parts égales fait remonter les facteurs premiers de la demande, et chaque facteur au-dessus de 3 se paie en boucle de retour. Comprimer cinq belts de 300 objets/min en Mk4 obligerait à couper une entrée dans un rapport de 3/5 — un facteur premier au-dessus de 3, donc un belt de retour, donc des dizaines de bâtiments pour un travail que le belt fait tout seul.
Saturer un belt fait gratuitement ce que l’arithmétique exacte paie très cher. Mesuré, en bâtiments :
| Cas | Cascade | Arbre exact |
|---|
| 5 × 300 objets/min en Mk4 | 6 bâtiments | 72 bâtiments |
| 5 × 120 objets/min en Mk2 | 0 bâtiment | 70 bâtiments |
| 7 × 480 objets/min en Mk4 | 0 bâtiment | 168 bâtiments |
Les lignes à zéro sont l’appariement direct : lorsqu’une entrée porte déjà le débit du belt, il n’y a strictement rien à construire. C’est le cas que le solveur exact ratait le plus bêtement — 168 bâtiments pour sept belts qui étaient déjà pleins.
Les lignes se remplissent selon deux régimes, et l’ordre des deux compte. L’ajustement exact passe en premier : si un sous-ensemble des entrées restantes complète la ligne au débit près, rien n’est coupé — c’est lui qui repère 250 + 230 = 480 objets/min et n’ajoute qu’un merger. Le cumul ne prend le relais qu’à la première ligne qui ne tombe pas juste, en alignant les entrées bout à bout pour les couper aux frontières de ligne.
Les débits restent calculés, jamais simulés : chaque ligne prend le plus petit de ce qui reste disponible et du débit du belt, dans l’ordre. C’est un glouton exact, et non un régime permanent observé après coup.
Pourquoi le Smart Splitter est-il sur les entrées et non sur les sorties ?
Un belt ne porte jamais plus que son débit, et un splitter n’a qu’une seule entrée : aucun bâtiment ne peut donc recevoir à la fois un belt plein et le surplus, pour en dériver la différence. La dérivation se fait forcément en amont — la sortie Any alimente la ligne en cours de remplissage, la sortie Overflow ne recueille que ce qui n’y entre plus.
Un splitter ordinaire ne sait pas faire ce travail : en round-robin, il ne privilégie rien. Le Smart Splitter est le seul bâtiment qui sache dire « cette ligne d’abord, le reste ailleurs », ce qui est exactement la règle dont vit une cascade. Sur le plan, il porte le sigle SS plutôt que S, et sa face Overflow se reconnaît à son encoche doublée.
À quoi correspond le dernier belt, celui qui est partiel ?
À une sortie, pas à un surplus. C’est le n-ième belt de la compression, simplement pas rempli à ras : d’où son étiquette OUT n PARTIEL, et le fait qu’il se branche où l’on veut.
Il doit en revanche continuer de s’écouler, raison pour laquelle le plan le trace en pointillé et le signale : s’il se remplit, la face Overflow en amont cesse d’accepter et toute la cascade change de comportement. Et lorsqu’aucun belt plein ne le précède, il n’a plus rien de partiel — trois entrées de 300 objets/min en Mk6 donnent une sortie unique à 900 objets/min, qui est la réponse et non un reliquat, pour le prix d’un merger.
Questions fréquentes
À quoi servent les filtres Any et Overflow ?
Ce sont deux des filtres de sortie d’un Smart Splitter. Any accepte tout ce qu’elle peut : c’est la sortie prioritaire, celle qui alimente la ligne en cours de remplissage. Overflow ne recueille que ce dont le côté Any ne veut plus, ce qui survient exactement lorsque cette ligne atteint le débit du belt. Sur le plan, les deux se distinguent par la forme de l’encoche — large pour la prioritaire, doublée pour Overflow — et jamais par la couleur, un filtre étant quelque chose qu’on règle au moment de poser le bâtiment.
Une entrée peut-elle être coupée deux fois ?
Non, et cela tient à la façon dont les lignes se remplissent plutôt qu’à une vérification. Les entrées sont alignées bout à bout puis coupées aux frontières de ligne ; comme une entrée tient sur un belt, son intervalle est plus court que l’écart entre deux frontières et n’en contient donc jamais plus d’une. Un glouton « la plus grande qui rentre » n’offre pas cette garantie : il laissait un reste de 240 objets/min devant une ligne où il ne restait que 180 de place, et recoupait une entrée déjà coupée — ce qui réclamerait un Smart Splitter à deux sorties Overflow.
Est-ce que ça marche sous la capacité du belt ?
Oui, et c’est encore de la compression. Trois arrivées de 300 objets/min en Mk6 ne saturent rien, mais elles tiennent toutes sur un seul belt : zéro belt plein n’est pas une impasse, c’est une sortie unique à 900 objets/min pour le prix d’un merger. Cette sortie-là est une destination et non un trop-plein, puisque aucune série de belts pleins ne la précède.